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Le papier khoi

Culture et histoire de la Thaïlande


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Le papier khoi est un genre spécial de papier fait à la main à partir du khoi un arbuste. Les samut khoi (สมุดข่อย) ou samut thai (สมุดไทย) sont des manuscrits écrits sur du papier khoi utilisés avant l’introduction de l’imprimerie.

Le khoi

Le khoi (Streblus asper), ข่อย, de la famille des Moraceae, est un petit arbre qui pousse dans les pays tropicaux comme l’Inde, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Sri Lanka.
Il est connu sous différents noms, par exemple, bar-inka, berrikka, rudi, sheora, khoi, siamese rough bush et arbre brosse à dents.
En Inde, il est connu par des noms vernaculaires, les plus commun sont pira , shakhotaka, siora, sheoraet.

Feuilles et fleurs de khoi (Streblus asper)

C’est un arbuste aux rameaux pubescent [1] et tomenteux [2].
Les feuilles sont rigide, elliptique, rhomboïde, ovales ou obovales, [3] irrégulièrement dentées.

Bâtonnet de khoi pour le nettoyage des dents

Il a été utilisé dans le passé comme produit d’ hygiène buccale et, pour cette raison, connu sous le nom de arbre à brosse à dents. Une brindille ou un bâton d’environ huit pouces de long avec une extrémité effilochée ou en purée pour augmenter la surface de nettoyage a été utilisé comme moyen de nettoyage des dents jusqu’au milieu du XXe siècle, lorsque la brosse en plastique bon marché et plus pratique avec un dentifrice est devenue courante dans le monde entier. C’est l’ingrédient actif principal d’une marque populaire de dentifrice à base de plantes brun foncé en Thaïlande (Dok Bua Ku).

Différentes études ont été menées sur son activité antibactérienne sur divers micro-organismes impliquant des infections buccales et naso-pharyngées, et en particulier de Streptococcus mutans . Un extrait de feuilles de Strebulus asper s’est avéré posséder une activité bactéricide sélective vis-à-vis de Streptococcus , en particulier de S. mutans, fortement liée à la carie dentaire.
Au Vietnam, le travail du bois traditionnel utilise la texture grossière des feuilles comme papier de verre naturel.
Le bois de Khoi est utilisé dans toute l’Asie du Sud-Est en tant qu’ingrédient mélangé au cannabis, ce qui réduit l’irritation de la gorge associée à l’inhalation de fumée de cannabis par le biais d’une pipe à eau ou d’un bang.

Classification

ต้นข่อย (ton khoi), Streblus asper
Regne Plantae
Subkingdom/Sottoregno : Tracheobionta (Vascular plants/Piante vascolari)
Superdivision/Superdivisione : Spermatophyta (Seed plants/Piante con semi)
Division/Divisione : Magnoliophyta (Flowering plants/Piante con fiori)
Classe : Magnoliopsida
Sousclasse Hamamelidae
Ordre Urticales
Famille Moraceae
Genre Streblus Lour.
Espèce Streblus asper Lour. /Fl. cochinch. 2:615. 1790]]

Le papier khoi

Le papier khoi qui sert pour les samut khoi est fabriqué à partir de l’écorce de l’arbre khoï (ข่อย, Streblus asper) un petit arbre ou arbuste de la famille des Moraceae poussant en Thaïlande et en Asie. Il est aussi connu comme arbre brosse-à-dents.

La pâte de khoi est travaillée avec des maillets
La pâte de khoi est étendue sur des claies et séchée au soleil
Les feuilles de papier khoi sont nettoyées avec des coquillages

La préparation du support est un travail important qui peut demander jusqu’à dix jours. Les premières branches, soigneusement choisies, sont imbibées d’eau, traitées avec de la chaux, et ensuite mises à sécher. Puis à l’aide d’un feu, elles sont chauffées jusqu’à ce que l’écorce puisse être enlevée facilement . L’écorce est ensuite bouillie dans de l’eau additionnée de chaux pendant deux jours. Les fibres souples sont ensuite libérées des résidus d’écorce sous un jet d’eau courante. Elles sont alors battues avec un grand maillet pour donner une pâte qui est appliquée sur un châssis équipé d’un tissu grossier. Le cadre est ensuite immergé dans l’eau. La bouillie est ensuite étalée avec une espèce de rouleau à pâtisserie. Après séchage, il en résulte un papier gris jaunâtre.

Les livres

Samut khoi - Livres anciens en papier khoi

Les livres khoi se composent d’un bande de trente à soixante centimètres de large de papier khoi, qui peut atteindre et parfois dépasser dix-huit mètres de longueur. Le leporello  [4] consiste à plier la bande sur une largeur de douze à vingt centimètres. Aux deux extrémités, une couvertures en carton ou en bois est fixée ; elles donnent toute la rigidité voulue à l’ouvrage.
Le manuscrit est lu à l’horizontale. Les plus anciennes copies ayant survécu datent du XVIIe siècle. Elles ont une illustration au milieu, le texte se trouvant à droite et à gauche. L’encre utilisée était fabriquée à partir noir de fumée pour le papier clair. L’encre blanche ou jaune était produite à partir de sulfure d’arsenic, pour le papier sombre.

Ho Trai du Wat Thung Si à Ubon Ratchathani

La persistance des manuscrits est surprenante quand on sait qu’ils sont sensibles à l’humidité et sont souvent déplacés et pliés. C’est dû, en partie, aux précautions prises dans les monastères pendant le stockage et le transport des livres ; ils sont attachés et stockés enveloppés dans un linge de coton et dans des armoires spéciales. Les armoires étaient disposées dans des bâtiments appelé หอไตร (ho trai), souvent construits sur pilotis au dessus d’une étendue d’eau pour les protéger des insectes.


[1En botanique, qui est couvert d’un duvet de poils fins et courts.

[2En botanique, en parlant d’un organe végétal, d’une plante], qui est couvert de poils mous, à l’aspect cotonneux.

[3En botanique se dit des feuilles ayant la forme elliptique, mais l’extrémité supérieure plus, large que la base, de manière à figurer un ovale renversé.

[4Le leporello est une technique de pliage des pages d’un livre.