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La kitti à nez de porc

Faune de Thaïlande


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La kitti à nez de porc (Craseonycteris thonglongyai) ค้างคาวคุณกิตติ (khangkhao khun kitti), aussi appelée chauve-souris bourdon, est le plus petit mammifère connu au monde. Elle ne pèse qu’environ deux grammes. Une musaraigne européenne, Suncus etruscus, est à peu près du même poids.

Kitti à nez de porc au bout d’un doigt
La Kitti

L’espèce doit son nom à son découvreur, Kitti Thonglongya
Cristallisantes thonglongyai est l’unique espèce du genre Craseonycteris, lui même l’unique genre de la famille des Craseonycteridae.
La kitti à nez de porc , est une espèce en voie de disparition . Elle vit en Thaïlande occidentale et au sud-est la Birmanie, où il occupe des cavernes de calcaire le long des rivières.

Kitti (Craseonycteris thonglongyai)

Sa longueur est d’environ trente millimètres et elle pèse environ deux grammes. Son nez nez large est semblable à celui d’un porc avec des narines étroites et des oreilles plus larges que la tête. Les yeux sont petits.
Elle a un manteau rougeâtre ou gris, avec un museau semblable au porc. Les colonies s’étendent énormément, avec une moyenne de 100 individus par caverne. Elle s’alimente pendant des périodes d’activité courtes en soirée et à l’aube, volant autour des secteurs forestiers voisins pour trouver des insectes. Tard dans la saison sèche (avril) de chaque année, les femelles donnent naissance à un seul petit. Pendant périodes d’allaitement, le jeune séjourne dans le perchoir ou reste attaché à la mère par un de ses deux mamelons pubiens.

La population thaïlandaise est limitée à une seule province et est en danger d’extinction. On peut la voir dans la grotte de Lawa. Ses menaces potentielles sont principalement d’origine humaine comme la dégradation d’habitat.

Les chauves-souris bourdons

Les chauves-souris bourdons de Thaïlande ont fait l’objet d’une étude publiée dans Nature Communications [1] par une équipe internationale de chercheurs [2].

Grotte de Lawa

En Thaïlande, la kitti est limitée à une petite région de la province de Kanchanaburi, dans le bassin de drainage de la Rivière Kwaï Noi.
Le principal régime alimentaire de la kitti inclut de petites mouches et hyménoptère.

Curiosité et science

Plus de cent-cinquante ans après la publication de L’origine des espèces par Charles Darwin, les biologistes ne comprennent toujours pas vraiment le processus par lequel les espèces se séparent les unes des autres. En étudiant, en Birmanie et en Thaïlande, deux populations distinctes de chauves-souris kitti qui sont en train de diverger, une équipe internationale à laquelle participe un chercheur de l’unité Ecosystèmes, biodiversité, évolution - Ecobio (CNRS/Université de Rennes-1) a pu démêler certains des mécanismes de la spéciation. Son étude a été publiée dans Nature Communications.

Les biologistes estiment que la manière dont les animaux perçoivent leur environnement et interagissent avec lui, ce que les spécialistes appellent l’écologie sensorielle, joue un rôle majeur dans les processus de spéciation. En effet, si, au sein d’une même espèce, les signaux qu’envoie une population sont modifiés et ne sont plus reconnus par une autre population, ces deux groupes ne se mélangeront plus. Cependant, même dans les exemples les mieux connus de spéciation entraînée par l’écologie sensorielle, les scientifiques ne savent pas bien si les changements de ces signaux sont la cause ou la conséquence de la réduction des échanges génétiques entre les populations. Ce flou est essentiellement dû au fait que, dans ces recherches, on adopte en général une approche rétrospective, une fois que la spéciation a eu lieu. L’idéal serait donc de prendre une spéciation en cours de route et de voir comment les composantes écologiques, comportementales et génétiques interagissent pour que deux populations d’une même espèce finissent par former deux espèces différentes, incapables de se reproduire entre elles.

C’est cette approche originale qu’ont adoptée les auteurs de l’étude, en suivant deux populations du plus petit mammifère du monde, la chauve-souris kitti. Les chauves-souris sont d’excellents modèles pour ce genre d’études en raison de l’importance qu’occupe, dans leur vie, leur système d’écholocation qui leur permet de s’orienter, de communiquer et de trouver de la nourriture. Les deux populations de cette espèce asiatique, l’une en Birmanie, l’autre en Thaïlande, sont isolées l’une de l’autre et montrent des différences non pas dans leur morphologie mais dans la fréquence des ultrasons qu’elles envoient. En étudiant aussi bien les facteurs écologiques que génétiques, les chercheurs se sont aperçus que le processus de spéciation entre ces deux populations avait commencé il y a 400 000 ans. En focalisant leur attention sur les colonies qui forment la population thaïlandaise, ils ont montré que, plus que la divergence dans le mode d’écholocation, c’était avant tout la séparation géographique qui était le moteur de ce processus, en restreignant les échanges de gènes. [3]]

Insigne du club de foot de Kanchanaburi

Le sceau du parc national de Sai Yok porte le symbole de la kitti.
Le club de football de la ville de Kan FC, club de la province de Kanchanaburi la représente.

Classification

Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Sous-classe Placentalia
Ordre Chiroptera
Sous-ordre Yinpterochiroptera selon Teeling 2005
Microchiroptera selon ITIS
Famille Craseonycteridae Hill, 1974
Genre Craseonycteris Hill, 1974
Nom binominal Craseonycteris thonglongyai Hill, 1974


[1Plus de 150 ans après la publication de L’origine des espèces par Charles Darwin, les biologistes ne comprennent toujours pas vraiment le processus par lequel les espèces se séparent les unes des autres. En étudiant, en Birmanie et en Thaïlande, deux populations distinctes de chauves-souris bourdon qui sont en train de diverger, une équipe internationale à laquelle participe un chercheur de l’unité Écosystèmes, biodiversité, évolution - Ecobio (CNRS/Université de Rennes-1) a pu démêler certains des mécanismes de la spéciation.

[2 The evolution of sensory divergence in the context of limited gene flow in the bumblebee bat , Nature Communications, Sébastien J. Puechmaille, Meriadeg Ar Gouilh, Piyathip Piyapan, Medhi Yokubol, Khin Mie Mie, Paul J. Bates, Chutamas Satasook, Tin Nwe, Si Si Hla Bu, Iain J. Mackie, Eric J. Petit & Emma C. Teeling

[3Référence : The evolution of sensory divergence in the context of limited gene flow in the bumblebee bat, Nature Communications, Sébastien J. Puechmaille, Meriadeg Ar Gouilh, Piyathip Piyapan, Medhi Yokubol, Khin Mie Mie, Paul J. Bates, Chutamas Satasook, Tin Nwe, Si Si Hla Bu, Iain J. Mackie, Eric J. Petit & Emma C. Teeling.