Vous êtes ici : Accueil » fr » Blog » Informations » Culture et histoire de la Thaïlande » Brève histoire du muai thai

Brève histoire du muai thai

Culture thaïlandaise


Toutes les versions de cet article :

Le muai thai (มวยไทย) est un art martial ancestral et un sport national en Thaïlande. C’est aussi un sport populaire en Asie du Sud-est, plus que d’autres arts martiaux de l’Asie du Sud-est comme les boxes birmane, bama lethwei (လက်ဝှေ့) ; khmère, pradal serey (ប្រដាល់​សេរី) ; laotienne, muai-lao ; ou vietnamienne vo tu do.

Muai thai

Les origines du muai thai

L’histoire du muai thai [1] est intimement liée à celle de la Thaïlande. Appelé également boxe thaïlandaise ou boxe thaï, il fut pratiqué pour la première fois par les guerriers siamois pour se défendre et repousser les envahisseurs notamment les Birmans.

Les origines du muai thai sont relativement imprécises et incertaines. En effet, les Birmans, qui étaient en guerre continuelle avec les Siamois, ont détruit une grande partie des archives du pays lors du sac d’Ayuttaya. Les témoignages historiques les plus anciens attestant de la pratique de cet art martial sont basés sur les chroniques royales transmises par voie orale.
Une chose est certaine, la boxe thaï trouve ses origines dans des pratiques martiales locales comme le muai boran et le krabi krabong. Elle est considérée comme la forme moderne du muai boran, lequel est issu de l’ancienne boxe libre khmère, le pradal serey .

La boxe thaï a ensuite évolué pour devenir un système de combat très performant dans lequel des parties du corps comme les poings, les coudes, les pieds, et les genoux sont utilisés.

Naresuan le Grand

La pratique du combat à mains nues était d’une grande efficacité puisque le combat d’homme à homme était la norme dans les batailles à l’époque. Au XVIe siècle, la pratique du muai thai a été encouragée par le roi Naresuan le Grand et faisait partie intégrante de l’entraînement militaire au Siam et en Thaïlande.

Le développement de la pratique du muai thai

La décision du roi Naresuan le Grand d’intégrer le muai thai dans l’entraînement militaire a joué un rôle déterminant dans la promotion de cet art martial. Au fil du temps, de plus en plus de thaïlandais se sont initiés au muai thai, ce qui a contribué au développement de ses techniques.

En l’honneur de Nai Khanom Tom

Au XVIIIe siècle, l’efficacité du muai thai a été illustrée par le célèbre combattant thaïlandais Nai Khanom Tom (นายขนมต้ม [2]), qui, capturé par les soldats birmans, a réussi à vaincre neuf de ses dix adversaires lors d’un tournoi joué devant Hsinbyushin, le roi de Birmanie [3]. Toujours au XVIIIe siècle, le muai thai est devenu un sport national pour le Siam suite à une décision du roi "Pra Chao Suea ", qui était surnommé le roi tigre.

Antoine Pinot contre Saiyok Pumpanmuang

Le développement du tourisme dans le pays, à partir du XXe siècle, a contribué à l’export du muai thai partout dans le monde notamment en Europe et aux États-Unis. Actuellement, le muai thai est très prisé par de jeunes Européens qui s’expatrient en Thaïlande pour se perfectionner dans les techniques de cet art martial.

La boxe thaï connait aussi un grand succès auprès des femmes.

Mia Kang mannequin et championne de boxe thai

Curiosité

Nong Rose le katoei champion de muai thai

Nong Rose Baan Charoensuk est un katoey, nom thaï pour désigner une personne transgenre. Elle est née dans la peau d’un garçon, elle se range aujourd’hui dans le sexe féminin. En Thaïlande, la transidentité a cessé depuis longtemps de bousculer une société où la tolérance est comme une seconde nature. Elle est reconnue et admise, dans la capitale Bangkok comme dans les campagnes, bien qu’il soit encore interdit de modifier son appartenance sexuelle sur les documents administratifs.
En juin 2017, Nong Rose s’est offert, avec ses pieds, ses genoux et ses poings, une place dans l’histoire. Elle est devenue la première personne transgenre à boxer sur le ring du Rachadamnen Stadium, l’un des temples du muai thaï, une salle construite à Bangkok dans les années 1940. En face, un homme. Au terme du combat, l’arbitre a désigné son coté sans une hésitation.

Voir aussi :
Le muai thai, un puits de force et d’énergie pour les femmes aussi...


[1On rencontre souvent la graphie "muay thaï. Safarine a pris le parti d’utiliser la translittération officielle thaïlandaise du RTGS (Royal Thai General Système).

[2นายขนมต้ม - bonbon ou dessert bouilli ;)

[3Selon la légende, Le roi Hsinbyushin, le seigneur Mangra (มังระ) aurait déclaré lors de la victoire de Naï Khanom Tom : "Chaque partie de ce Thaïlandais est bénie avec du venin. Même avec ses mains nues, il peut faire tomber neuf ou dix adversaires."