Les Akha
Chiang Mai - Chiang Rai

Les Akha, aussi appelés Kaw ou Akha-Ekaw, Lao sung au Laos, Hani en Chine, se rencontrent principalement au nord de la Thaïlande, dans les provinces de Chiang Mai et Chiang Rai, où ils constituent la principale minorité appartenant aux Thaïlandais des montagnes. Leur nombre est estimé à 400 000. La détérioration des conditions économiques et naturelle, leur isolement dans les hauteurs montagneuses, le manque d’accès à la médecine scientifique, sont les principales cause de la stabilité démographique qui caractérise les Akha. Les Akha ne sont pas appréciés (c’est un euphémisme) par les autres tribus montagnes thaïlandaises et birmanes qui les considèrent comme ignorants, sales et violents.

Tour Safarine chez les Akha

Un tour de trois jours bien remplis, vous emmène de Chiang Mai à Chiang Rai à travers de magnifiques paysages. Vous découvrirez le lac de barrage de Mae Ngat, vous rencontrerez des Thaïlandais des montagnes : Akha et Lahu qui ont préservé leurs cultures. Vous observerez les éléphants du sanctuaire "Elephant Valley". Vous serez étonnés par le célèbre et incroyable Temple blanc...
Chiang Mai - Chiang Rai 3j /2n

Les Akha : une origine incertaine

Femme akha du village de Ban Lorcha (บ้านหล่อชา)

À l’aube du XXe siècle, ce peuple originaire de Chine a entamé un exode massif, qui le mènera en Thaïlande, après une étape en Birmanie et au Laos aux XVIe et XVIIe siècles. Toutefois le mystère de l’origine de la tribu Akha est posé : sont-ils originaires la province de Yunnan, au sud de la Chine ou, comme le prétendent les Akha catégoriquement, de la frontière tibétaine [1]. Les Akha constituent l’un des groupes de tribus montagnardes les plus petits, les plus pauvres et les moins développés d’Asie du Sud-Est

La Tribu Akha : une présence ethnique diffuse

Les agriculteurs akha (hani) de Yaunyang en Chine rentrent à la maison

Les Akha, autrefois traditionnellement, agriculteurs semi-nomades sur brûlis, se sont sédentarisés et résident aujourd’hui dans des régions géographiques qui s’étendent sur cinq pays : la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Vietnam le Yunnan une province chinoise. La relative stabilité du Siam leur a permis de s’y fixer. Cette répartition multinationale a pour conséquence une multitude de dialectes dont l’akha, une langue de la famille lolo-birmane localement appelée avkavdawv  [2] , le laotien de la branche dite kam-tai de la famille des langues thai-kadai, langue officielle du Laos, et le thaï qui compte un peu plus de 60 millions de locuteurs, essentiellement en Thaïlande.

L’agriculture de subsistance,et plus…

Élevage de porcs au village de Ban Lorcha (บ้านหล่อชา)

Subordonnés à un mode de vie rudimentaire, conditionnés par les variations météorologiques et la richesse des terres du nord thaïlandais, les Akha subsistent grâce à l’agriculture, et se nourrissent principalement de soja, de légumes et de riz qui tient une place particulière dans la tradition akha. La production de l’opium, autrefois abondant dans les contrées occupées par les membres de la tribu, a été prohibée par le gouvernement thaïlandais.
Outre leur travail de la terre, les Akha élèvent du bétail, notamment des canards, des poulets, des porcs, des chèvres, des bovins et des buffles d’eau pour compléter leur régime alimentaire fortement végétarien.
La division du travail entre les hommes et les femmes est ancrée dans la religion akha.
Les hommes font traditionnellement les gros travaux tels que labourer, tailler et brûler le bois dans la forêt, et chasser. Ils font souvent la cuisine, surtout pour les fêtes.

Piège à Oiseaux - Village de Ban Lorcha (บ้านหล่อชา)

La chasse, qui demeure exclusivement masculine, a pris une nouvelle ampleur depuis le remplacement progressif des arbalètes par des armes à feu vendues dans les villes avoisinantes.
Les femmes font les tâches ménagères, tissent, teignent les tissus, cousent, récoltent, transportent des objets, traitent les récoltes, cueillent des herbes sauvages et préparent le riz.
Les enfants s’occupent généralement de l’élevage et de la domestication du bétail.
La mère et le père ainsi que les frères et sœurs plus âgés aident à l’éducation des enfants.
La pêche, assez rudimentaire, est assurée aussi bien par les hommes que par les femmes, dans les lacs et les ruisseaux.
Les femmes Akha ont la réputation d’être des travailleuses acharnées alors que les hommes gaspilleraient souvent une grande partie de leur vie en fumant de l’opium.
Si l’économie de subsistance et la culture restent largement la norme parmi les Akha, des formes de commerce se sont peu à peu développées, sous l’influence des contacts répétés avec l’extérieur et du tourisme. Le coton, l’opium et le pavot ont peu à peu étoffé les sources de revenu des Akha, et la revente de marchandises achetées dans les villes est de plus en plus privilégiée par certaines familles.
Aujourd’hui, les Akha se trouvent confrontés à l’industrie du tourisme, parfois contre leur gré. Cela se concrétise par l’immersion de touristes étrangers dans la vie de tous les jours de la tribu akha. Les touristes participent ainsi à la pêche, à la confection de produits artisanaux typiques et de costumes traditionnels. Bien que ces incursions soient le plus souvent mises en scène par les opérateurs touristiques, elles suscitent de plus en plus un engouement, en particulier chez des voyageurs issus de l’Europe de l’Ouest.

Traditions, célébrations et croyances du Peuple Akha

En dépit de leur situation socio-économique difficile, les Akha sont attachés à la préservation de leur patrimoine culturel, constitué d’une combinaison fascinante de chants traditionnels, de danses sacrées et de rituels, qui ponctuent régulièrement leurs vie.

Représentation d’un couple à l’entrée du village de Ban Lorcha

Profondément attachés à leurs racines, les Akha accordent une importance toute particulière à l’arbre généalogique, pour une raison plutôt étonnante : il est impossible pour un Akha, selon la tradition, d’épouser une femme qui partagerait avec lui un lien familial, sauf si le seul lien établi remonte au moins à sept générations. De solide croyances font qu’un mariage sera formellement interdit si l’époux est né le jour du tigre et que sa promise est née le jour du cochon. Cette union maudite ne peut avoir lieu. La polygynie est autorisée chez les Akha et les mariages à l’intérieur et à l’extérieur du village sont acceptables. En se mariant, une femme quitte sa famille et rejoint la famille de son mari.

Costumes

Les Akha sont facilement identifiables par leur style vestimentaire coloré. Les femmes s’habillent en caleçon larges et chemise noire courte. Elles portent une escarcelle décorée de perles blanches. En période de froid, elles arborent une veste ample dont les poignets et revers sont abondamment brodés. L’accessoire le plus exubérant des femmes akha reste la coiffe qui varie en fonction de l’âge ou de la situation familiale. L’habit des hommes est plus sobre, et se compose généralement d’un pantalon large de couleur sombre et d’une veste élaborée.
Les vestes, les chapeaux et les sacs à bandoulière sont considérés comme des œuvres d’art. Les motifs de broderie et d’appliques sur les vestons pour hommes et femmes sont uniques pour chaque communauté akha. Selon une légende, toutes les femmes akha portaient jadis des vêtement indigo. Mais un jour, un homme a volé la femme d’un autre homme, et pour l’empêcher d’être reconnue, l’a habillée de vêtements lumineux, et depuis lors toute la tribu a suivi cette coutume.
L’argent est un signe de richesse, il orne les ceintures, les colliers et les bracelets ainsi que les coiffes.

La célèbre coiffure des femmes

Coiffe (u-coe) des femme akha.

Les coiffes coniques portées par les femmes akha sont appelées u-coe . Elles sont faites de coton, brodées et décorées de perles colorées, de boules d’argent, de brins de laine colorée, de coquillages, de longs boas rouges, de glands, de plumes d’oiseaux, de pièces d’argent et de cloches. Parfois, elles sont décorés avec de la fourrure de singe, de chien, des ailes de scarabée et des pièces de monnaie françaises, birmanes et indiennes qui remontent à l’époque coloniale.

Coiffe de femmes mariées Chepia (gauche) et Eupa (droite)
Ces images célèbre de Grégoire Schlemmer représentent des Akha du nord du Laos qui sont proches, mais se pensent suffisamment différents pour ne pas se marier entre eux. Les coiffes de leur femme (éléments formel de distinction entre groupes Akha) se distinguent par ce qui peut nous apparaître comme un détail insignifiant mais pour eux important : la présence de six disques en argent sur le front des femmes Chepia.

Les bébés akha portent parfois des calottes brodées décorées de pièces de monnaie et de pompons rouges. Les petites filles reçoivent leurs premiers bonnets, où s’ajoutent au fil des ans des ornements en cadeau, quand elles ont six ou sept ans. Quand les décorations deviennent trop lourdes, une armature en bambou est ajoutée pour les suspendre. Les u-coe de certaines femmes âgées pèsent plus de cinq kilogrammes. Le style de coiffure varie d’un village à l’autre et même parmi les individus d’un clan. On dit que les plus beaux u-coe se trouvent au village de Napey en Thaïlande et à Loi Mwe en Birmanie.
Certaines femmes portent leurs coiffes presque tout le temps. Elles ont des couvertures pour les protéger de la pluie et parfois elles les portent même au lit la nuit. La seule fois où les coiffes sont enlevées, c’est quand elles sont susceptibles d’être endommagées, par exemple, lors du transport de sacs de céréales ou de légumes.

À decouvrir avec le tour Chiang Mai - Chiang Rai 3j /2n

Notes

[1Il y a un débat entre les historiens pour établir si les Akha sont originaires du Tibet ou de la province du Yunnan. Ils seraient des descendants des Lo-Lo, habitants de royaumes indépendants dans l’est du Tibet et la région du Sichuan en Chine. Les traditions orales décrivent une patrie avec une grande rivière au nord, puis une migration vers le sud à travers de nombreuses rivières.

[2Cette langue est similaire aux langues parlées par les Lisu, les Lahu et les Yo