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Le Garra rufa

Faune de Thaïlande


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Le Garra rufa [1] est un petit poisson de la grande famille des Cyprinidae originaire de Turquie et de Syrie.
En Turquie où il est appelé Poisson Docteur, ainsi qu’enThaïlande : pla mo (ปลาหมอ) . On l’utilise pour traiter des psoriasis, des dermites, des eczémas et aussi pour son aptitude à nettoyer efficacement les plaies.
Ce poisson suçote et grignote votre peau comme un poisson ventouse, il est très doux et agréable pour la peau.

Le Garra rufa en milieu naturel

Garra rufa dans la nature

Le Garra rufa appartenient à la famille des cyprinidés, c’est une espèce grégaire qui vit en groupe. Son dos a une coloration sombre, le ventre est plus clair, sa bouche est en forme de ventouse, tirée vers le bas, il possède deux barbillons. Il atteint habituellement 14 cm dans son habitat naturel mais rarement plus de 8 à 9 cm en aquarium. Il vit jusqu’à 15 ans dans la nature, en captivité, sa longévité est réduite entre 6 et 8 ans.
Le Garra rufa vit au fond de l’eau où il fouille le sol à la recherche de nourriture et de cachettes parmi les plante aquatiques et les pierres.
Il se nourrit principalement de plantes aquatiques et de micro-organismes comme le phytoplancton, c’est un omnivore qui a besoin d’un apport en protéines, végétaux, sels minéraux et vitamines.

Le poisson docteur

Garra rufa "fish therapy"

Le Garra rufa est connu pour son efficacité remarquable à nettoyer les plaies cutanées des malades et des personnes atteintes de maladies de peau comme le psoriasis ou l’eczéma.
Le Garra rufa exsude une enzyme, le dithranol [2]
Il n’y a pas de régulation en France ni en Thaïlande pour le moment. La Direction générale de la santé a saisi un groupe d’experts afin d’évaluer rapidement tous les risques et éventuellement l’interdire. Mais pour le moment, le ministère de la Santé s’est contenté d’en déconseiller l’usage et de demander à veiller à ce que l’eau soit changée entre chaque client, et les bassins individualisés.
Pour assurer la sécurité sanitaire il est impératif de stériliser les poissons entre chaque client, alors qu’en Thaïlande les bassins sont collectifs. Avec ce niveau d’hygiène, les poissons meurent rapidement.
Aux États-Unis, par exemple, la législation dans la plupart des états exigent d’assainir (ou de jeter) les ustensiles entre chaque usage. Pas question de jeter ces pauvres petits poissons ou de les faire chauffer à 170°C pendant vingt minutes comme on le ferait pour une râpe.

Un risque supplémentaire

Tilapias juvéniles - Cascade de Erawan

Certains établissements, faute de Garra rufa [3], utilisent des Chin-chin Tilapia (Oreochromis niloticus). Les propriétés exfoliantes des juvénile de cette espèce sont comparables à celles des Garra rufa, si ce n’est qu’ils ont des dents.
 [4]

Classification

Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Super-classe Osteichthyes
Classe Actinopterygii
Sous-classe Neopterygii
Infra-classe Teleostei
Super-ordre Ostariophysi
Ordre Cypriniformes
Super-famille Cyprinoidea
Famille Cyprinidae
Genre Garra
Nom binominal Garra rufa (Heckel, 1843)

Caractéristiques

Taille du mâle et de la femelle, 12 cm
Originaire d’Eurasie  : rivière et fleuves de Turquie, Syrie, Irak, Iran et Jordanie. Notamment dans L’Euphrate et le Tigre.
Température de l’eau de 15 °C à 28 °C
Description : poisson assez terne, le corps est sombre avec les nageoires et la queue rougeâtre. Il possède des petit barbillons.

Curiosité

Les poissons qui mangent les peaux mortes dans les bassins des cascades de Erawan ne sont pas des Garra rufa mais bien des tilapias (Oreochromis niloticus).

Synonymes et/ou noms communs

Discognathus crenulatus
Discognathus obtusus
Discognathus rufus
Garra rufa crenulata
Garra rufa gymnothorax
Garra rufus
ปลาหมอ (pla mo, pla : poisson, mo : docteur) (Thaïlande).
Poisson docteur (France)
Doctor fish (Angleterre)
Knabberfisch (Allemagne)
Rötliche Saugbarbe (Allemagne)


[1Garra rufa - ปลาหมอ (pla mo, pla : poisson, mo : docteur)

[2Appelé également anthraline c’est un produit dérivé de l’anthracène, synthétisé en Allemagne par Galewsky en 1916. En 1876, on a mis en évidence l’effet bénéfique d’un produit naturel extrait de l’écorce d’un arbre d’Amérique du Sud (l’araroba) dans le traitement du psoriasis. Ce produit est connu dans différentes parties du monde sous des diverses appellations et en particulier celle de poudre de Goa (chrysarobine, ioxyanthranol, dithranol, cignoline sont synonyme). Le nom de chrysarobine fut donné à cette poudre de Goa par Kemp à Bombay en 1863. Elle était constituée essentiellement d’acide chrysophanique. Il fut synthétisé en 1916.
L’anthraline est un produit très efficace dans le traitement du psoriasis, utilisé depuis plus de 80 ans, mais peu employé en France à cause de ses effets secondaires : irritation et coloration brunâtre de la peau.
Ichthyothérapie
Pratiquée à l’origine en Turquie, cette thérapie, importée au Japon, a connu un grand succès à Tokyo. Elle s’est ensuite répandue dans toute l’Asie, où les normes d’hygiène sont bien moins strictes que dans les pays occidentaux.
Au État-Unis, plusieurs états ont interdit la fish pédicure dès 2008, au nom du risque de transmission de germes, notamment de mycoses.

En France, le premier salon de cette nature a ouvert en novembre 2009 à Paris. Il a acquis rapidement une grande renommée et vu les clients affluer.
Depuis, plusieurs fish pédicure ont ouvert en France.

Risques sanitaires

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Voici ce qu’en dit le Dr Nina Roos, dermatologue (voir sur Nouvel Observateur en ligne)
Une pratique horrible sur le plan microbiologique
Sur le plan microbiologique, une telle pratique est horrible ! Déjà, toute macération provoque le développement de champignons, de mycoses ou de verrues. Mais là il s’agit de mettre ses pieds dans un bassin dans lequel ont déjà trempé leurs orteils des personnes pouvant avoir des infections cutanées. Le problème vient du non-contrôle bactériologique de l’eau et de l’utilisation d’un même bac par les usagers.
Les poissons, qui sont utilisés pour enlever les squames de la peau des pieds, peuvent avoir arraché des fragments cellulaires infectieux, qui vont rester dans l’eau. Il ne faudrait pas non plus oublier les bactéries qui proviennent des poissons eux-mêmes.
Ces bactéries pathogènes vont ensuite être en contact avec des pieds microfissuraires, dont la peau n’est pas en bon état puisqu’il s’agit de la décaper ! Or les petites plaies, courantes puisque le pied subit de nombreux microtraumatismes (chocs, ampoules, gerçures, etc.) sont une porte d’entrée pour les microbes et les germes.

Infection cutanée et staphylocoques dorés
Ces bactéries ainsi transmises peuvent être curables, mais d’autres, à partir d’une infection cutanée, peuvent progresser de manière plus profonde et insidieuse. Cela n’arrive pas à chaque fois, mais il faut savoir que de jeunes adultes ont attrapé la tuberculose en entretenant leur aquarium. Idem pour la fish pédicure, des utilisateurs ont été infectés par des staphylocoques dorés, qui peuvent atteindre les os (ostéomyélite), ce qui entraîne dans les cas graves une septicémie ou une amputation.
Bien sûr, il n’existe pas de cas décrit d’amputation à la suite d’une contamination par une fish pédicure, mais il ne faut pas attendre que les cas arrivent. Je ne souhaite pas verser dans le dramatisme. Sauf que, faisant partie d’une génération élevée aux scandales sanitaires, notamment de transmission de pathogènes de l’animal à l’humain (vache folle, grippe aviaire…), je me dis que le bénéfice des fish pédicures n’est pas suffisant.
Certes, il est important de nettoyer le pied. Mais bien enlever la peau, les callosités, c’est possible avec une simple pédicure et il existe de nombreuses crèmes décapantes en parapharmacie qui le permettent. C’est pourquoi mon point de vue, strictement médical, est tranché sur les fish pédicures : cette pratique, à visée de confort et esthétique, ne procure pas de bénéfices suffisants par rapport aux risques qu’elle engendre.

[3le poisson turc traditionnellement utilisé

[4En Thaïlande diverses variétés de tilapia ont été officiellement introduites :
Tilapia zillii importé de Malaisie en 1949
Oreochromis mossambicus importé de Malaisie en 1949
Tilapia rendalli importé de Belgique en 1955
Oreochromis niloticus importé du Japon en 1965
Oreochromis aureus importé d’Israël en 1970.
Du fait du renouvellement très rapide de l’eau vive, la pratique de la "fish thérapie" dans les cascade est plus saine que dans des aquariums...